Idiots, pundits?

by Nicolas Rosette

Text published in the critical monitoring program of the Salon de Montrouge artists, 2013.





Nøne Futbol Club is a duo that is capable of mobilizing as many accomplices as necessary to make their works and performances. The playful component is inseparable from their creative process which tackles the world like a playground for the expression of an art whose nature has continually bordered on the cellophane of the white cube and the great palaces must take the risk of being a mass distribution product.

The recursive principle in their work is reversal. It is not about diverting elements from pop culture(or popular culture, the term changing depending on whether this culture comes to us from one side or the other of the Atlantic Ocean) but of a reversal whose final address is always popular culture. A double inversion, whose process of revelation reflects back to us as in a mirror the possible destiny of an art world which has become less subtle than the current popular media cultures; whose practices of critical and jubilatory diversions are the foundation. Would the Nøne Futbol Club be applying to contemporary art what digital cultures have subjected Chuck Norris, the pope and Darth Vador to?

If their work can evoke that of the surrealists (for the crazy aspect) and the situationists (by the use of mass media culture) it is not through a specific desire for lineage.

In their performance Work nº 096: just married where they availed of a Parisian bus stopping to take on passengers to stick a “just married” placard on the back with a half-dozen saucepans, it is not as much the choice of elements (bus, Paris, idealized image ironmonger on marriage, performance) than the playful hacking of the urban ordinary that is at work in Work nº 078: Ram-raid when they attack the exhibition space intended to host them using a car as a battering ram. If this performance can seem to fit into a tradition, the intention here is however for a mise en abyme: who is robbing what, ultimately?

The most significant series of works and the most literal of the reversal that the artists are operating is undoubtedly the Renault cars of the 1970s and 1980s of which each piece of the body and interior work has been meticulously turned over, presenting to the exterior what should be in the interior. Heckling our perceptions and our feelings about the inside/outside, the series attacks popular representations of the car where the taste for mechanics, the morbidity of accidents, the car as a receptacle for rebellion and the fascination of the object that has become sculptural are combined. Responding as much to cynical production criteria of works by the diversion of pop icons as to a subtle desire to confront ourselves with our cultural depictions, these automobile sculptures are both seductive and iconoclast; like their creators.
Nøne Futbol Club est un duo capable de mobiliser autant de complices que nécessaire pour réaliser leurs œuvres et leurs performances. La composante ludique est indissociable de leur processus de création qui aborde le monde comme un terrain de jeu pour l’expression d’un art dont la nature sans cesse confinée à la cellophane des white cube et des grands palais doit prendre le risque d’être un produit de grande distribution.

Le principe récursif dans leur travail est le retournement. Il ne s’agit pas de détournement d’éléments de la pop culture (ou de la culture populaire, le terme changeant selon si cette culture nous vient d’un côté ou de l’autre de l’océan Atlantique) mais d’un retournement dont l’adresse finale est toujours la culture populaire. Une double inversion, dont le procédé de révélation nous renvoie en miroir les devenir possibles d’un monde de l’art devenu moins subtil que les cultures médiatiques populaires actuelles ; dont les pratiques de détournements critiques et jubilatoires sont le fondement. Nøne Futbol Club serait-il en train d’appliquer à l’art contemporain ce que les cultures numériques ont fait subir à Chuck Norris, le Pape ou Dark Vador ?

Si leur travail peut évoquer celui des surréalistes (pour l’aspect loufoque) et des situationnistes (par l’utilisation de la culture mass media) ce n’est pas par désir particulier de filiation.

Dans leur performance
Work nº096 : just married, où ils profitent de l’arrêt d’un bus parisien en train d’embarquer des voyageurs pour lui coller à l’arrière une pancarte « just married » et une demi-douzaine de casseroles, ce n’est pas tant le choix des éléments (bus, Paris, image d’Epinal quincaillière sur le mariage, performance) que le hack espiègle de l’ordinaire urbain avec pour finalité de contester la facture sociale établie. C’est une même mécanique qui est à l’œuvre dans Work n°78 – Ram Raid lorsqu’ils attaquent à la voiture bélier l’espace d’exposition sensé les accueillir. Si cette performance peut sembler s’inscrire dans une tradition, l’intention ici est cependant mise en abîme : qui cambriole quoi, finalement ?

La série d’œuvres la plus marquante et la plus littérale de la démarche de retournement qu’opèrent les artistes est sans doute ces voitures Renault des années 70 et 80 dont chaque pièce de carrosserie et d’habillement intérieur ont été méticuleusement retournées, présentant à l’extérieur ce qui devrait être à l’intérieur. Chahutant nos perceptions et nos ressentis du dedans/dehors, la série s’en prend aux représentations populaires de l’automobile où se mélangent le goût de la mécanique, la morbidité de l’accident, la voiture comme réceptacle de l’insurrection et la fascination de l’objet devenu sculptural. Répondant aussi bien à des critères cyniques de production d’œuvres par le détournement d’icônes pop qu’à un désir subtil de nous confronter à nos représentations culturelles, ces sculptures automobiles sont à la fois séduisantes et iconoclastes ; à l’instar de leur créateurs.
Nøne Futbol Club
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