After Marcel Duchamp

by Jessica Castex

Excerpt from the catalogue
“Co-workers, the network as artist.”

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 2015.



The name of this artist collective and its use as a logo, echoes the transversal aspect of their practice and the plurality of their field of action. “Nøne Futbol Club” associates three terms with Scandinavian (the letter “ø”), Spanish (Fútbol) and English (club) origins. The letter “ø” which is pronounced like a long French “e”, and which modifies the English word “none”, is also the mathematical symbol for an empty set.

Works by this collective embody the metaphor of an artistic process integrating references to games, popular culture, and hacking. The duet, who has been artists and graphic designers for several years now, has created a language that has been enriched by the vocabulary of these two fields. Their performances, sculptures, and installations all claim a rebel attitude mainly based on humour, for instance in the video installation Work nº 075: Ici c’est Paris (2012), a series of portraits showing a young generation ready for battle, letting white smoke out of their nostrils, like bulls in an arena.

The phrases they collect in the urban space sound like slogans. In Work nº 054: Keep warm burnout the rich (2011), these words, which were a graffiti made during the 2008 riots in Athens, become a branding iron. A playful vocabulary is added to the struggle one: for instance the artists disassemble a police car only to reassemble it backwards (Work nº 911: All Cars Are Beautiful, 2013). 

They play with codes from mass culture by appropriating the vocabulary of advertising, reality shows, science-fiction films as well as the use of social networks. By putting society under the scrutiny of their ferocious humour, they mock celebrities (Liza Minnelli, Donatella Versace) abusing plastic surgery and bodybuilders obsessed with modelling their body. Thus, in Work nº 076: Stay hungry (2013), Mister Universe’s muscles made of caramel melt under the heat of the exhibition lighting.

Work nº 2B: La Tonsure (after Marcel Duchamp) (2015) experiments with the infiltration of art in the football world. After noticing that haircuts where one of the few areas of freedom left to football players, the artists asked a former player from the French national team, Djibril Cissé, to reproduce the famous “Tonsure” by Marcel Duchamp, immortalised by Man Ray. Videos and photographs of Cissé displaying this new haircut circulated on the active networks of the football sphere. Nøne Futbol Club attempts here to understand the impact of an archetype image of modernity, Man Ray’s image, on the supporters. The project also makes use of this visual representation for the creation of objects, in order to question the notion of aesthetics in advertising.
Le nom de ce collectif d’artistes et sa déclinaison sous forme de logo reflètent la transversalité de leur pratique et la pluralité de leurs champs d’action. « Nøne Futbol Club » associe trois termes aux consonances nordique (la lettre « ø »), espagnole (fútbol) et anglaise (club). La lettre « ø », qui se prononce « eu » et modifie ici le mot anglais none (« aucun, personne »), est aussi en mathématiques le symbole d’un ensemble vide.

L’oeuvre de ce collectif incarne la métaphore d’un processus artistique assimilant les références au jeu, à la culture populaire et au hacking. Artistes et graphistes durant quelques années, le duo a créé un langage qui s’est enrichi du vocabulaire de ces deux domaines. Leurs performances, sculptures et installations affirment un esprit rebelle usant principalement de l’humour, comme dans l’installation vidéo Work n°075 : Ici c’est Paris (2012), série de portraits d’une jeune génération prête au combat, laissant échapper une fumée blanche par les narines a l’image des taureaux dans l’arène.

Les formules prélevées dans l’espace urbain sonnent comme des slogans. Dans Work n°054 : Keep warm burnout the rich (2011), l’expression, issue d’un graffiti exécuté lors des émeutes d’Athènes en 2008, est devenue un fer à marquer le bétail. Au langage de la révolte s’ajoute celui du jeu : les artistes démontent par exemple une voiture de police pour la remonter à l’envers (Work n°911 : All Cars Are Beautiful, 2013).

Ils détournent les codes de la culture de masse, en s’appropriant le vocabulaire de la publicité, de la téléréalité et du cinéma de science-fiction, ainsi que l’usage des réseaux sociaux. Passant la société de l’image au crible de leur humour féroce, ils se moquent de célébrités (Liza Minnelli, Donatella Versace) qui abusent de la chirurgie esthétique et des culturistes obsédés par le remodelage de leur corps. Ainsi, dans Work n°076 : Stay hungry (2013), les muscles d’un Mister Univers en caramel fondent sous la chaleur de l’éclairage d’exposition.

Work nº2B : La Tonsure (after Marcel Duchamp) (2015) expérimente l’infiltration du monde du football par l’art. Les artistes ayant constaté que les coupes de cheveux des footballeurs constituaient un des rares espaces d’expression libre dont ces derniers disposent, ils ont proposé à un ancien joueur de l’équipe de France, Djibril Cissé, de reproduire la célèbre Tonsure de Marcel Duchamp immortalisée par Man Ray. Les films et photographies de Cissé arborant cette nouvelle coupe ont circulé ensuite sur les réseaux actifs de la sphère footballistique. Nøne Futbol Club tente ainsi de cerner l’impact d’une image archétypale de la modernité, celle de Man Ray,
sur les supporters. Le projet décline également ce signe visuel en objets, afin de questionner la notion d’esthétisme publicitaire.
Nøne Futbol Club
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